Avis aux amateurs de romans noirs…
Aujourd’hui, je souhaite te présenter deux thrillers que j’ai vraiment adorés. Je te préviens de suite, les thèmes abordés sont très crus, brutaux et le ton est glacial. Bienvenue dans un Monde que tu ne soupçonnes peut-être pas….

La terre des morts, Jean-Christophe GRANGE

1ère de couverture

Lorsqu’une strip-teaseuse est retrouvée assassinée, le capitaine Corso pense à une enquête classique, sous forme de crime obsessionnel. Mais les cadavres s’enchaînent et la perversité se mêle et aux vices les plus profonds.
Un suspect se distingue : Philippe Sobieski, peintre, pervers avec un CV long comme le bras.
L’équipe va alors plonger dans les milieux de la pornographie, du bondage et des pratiques les plus sadiques. Corso va voir ses rêves se transformer en cauchemar mais surtout se rendre compte que certaines vérités sont effrayantes et peuvent conduire à l’autodestruction…

Ce peintre lui aussi devait avoir le goût du secret pour ne laisser aucune trace dans la vie de Nina. Les deux s’étaient trouvés.
–          Tu ne te souviens pas de quelque chose qui nous permettrait de l’identifier ?
–          Je crois qu’elle posait pour lui…
–          Où je pourrais trouver ces toiles ?
–          Aucune idée.
–          Il a une galerie ?
Je te dis que je sais que dalle !
–          Réfléchis.
Mike se passa la main sur le crâne
–          Il porte un chapeau.
–          Un chapeau ?
–          C’est un truc qu’elle m’a dit un jour. Il a une manière spéciale de s’habiller. Des costards blancs, des chapeaux… Le genre de maquereau des années 20…
Ca ne collait pas avec l’image d’un homme secret. Il fallait secouer tout ça et voir ce qui pouvait en tomber. C’était en tout cas un sacré point d’avance sur l’enquête de Bornek.
Corso salua Freud mais se ravisa au bout de quelques pas.
–          Une dernière chose, un détail.
–          Quoi ?
–          Pourquoi vous êtes tous tondus ?
Sourire pernicieux de Mike.
–          Une idée d’Akhtar. Ca fait plus secte. Et puis c’est plus pratique.
–          Pour faire quoi ?
–          Les head-fucking. »

Mon avis

J’ai adoré ce thriller : le ton est, certes, très noir, mais c’est un livre qui littéralement se découvre. Certains peuvent être gênés, ou plutôt, dégoûté par le milieu dans lequel se déroule l’enquête, mais crois-moi, il ne faut vraiment pas se fier aux apparences.
Effectivement, la plongée dans le porno hardcore, à la limite de l’extrême, semble répugnante néanmoins, ce n’est qu’une pièce d’un gigantesque puzzle que tu vas devoir rassembler.
Une fois le décor planté, la lecture prend une autre tournure, une cadence effrénée se met en place, semblable à une augmentation du rythme cardiaque.
Le personnage de Corso se révèle rebutant mais paradoxalement attachant.
Pour moi ce récit est une belle réussite, en matière de personnages mais également sur la globalité de l’histoire.

Les Démoniaques, Mattias Köping

1ère de couverture

Kimy.
C’est un joli prénom pour une jeune ado de 15 ans. Kim, même avec son maquillage sombre, est une belle fille, des cheveux bruns, un corps svelte qu’elle sait mettre en valeur et surtout c’est une débrouillarde. En effet, malgré son jeune âge, la jeune fille travaille déjà très dur ; notamment pour l’entreprise familiale, qui est très prolifique. Elle fait en sorte que son père soit toujours satisfait, pour éviter de s’attirer des problèmes. Sinon, ce dernier va une énième fois lui passer dessus….
Oui car ce coin austère et totalement paumé de la France est loin d’abriter une entreprise respectable. C’est même tout l’inverse : trafic de drogue, de prostitué et réseau pédophile. C’est dans cet enfer que Kim tente de survivre depuis qu’elle est gamine, entre deal, viol et passe en tout genre. Mais maintenant elle n’en peut plus. Il faut que ce supplice s’arrête et elle n’a qu’un moyen pour s’en sortir : la vengeance.

Ils reprennent en chœur :
” Joyeux anniversaire, salope ! Joyeux anniversaire, salope ! “
Ils l’ont encerclée, hilares, à poil. Ils sont tous là, son père, son oncle, Simplet, Waldberg, Delveau, Beloncle. Elle est à quatre pattes au milieu de la meute, fragile et nue, déchirée de sanglots. Son père la maintient par les cheveux.
Elle s’appelle Kimy.
Ce soir, on fête ses quinze ans. »

Mon avis

J’ai rarement été autant effrayé et écœuré par un livre. Crois-moi, tant que tu ne l’auras pas lu, le roman noir sera inconnu pour toi.
Ce qui est dérangeant, c’est que l’histoire fonctionne. Oui, c’est dérangeant et vraiment flippant. J’ai dû reprendre plusieurs fois cet article, pour trouver les bons termes et tenter de te transmettre ce que j’ai ressenti ; mais sache que si tu veux tester ta résistance au dégoût, à la peur et surtout connaître tes limites : lis-le.
Mattias Köping livre un récit repoussant voir même dépassant les frontières de l’inacceptable et parle de tabous en pagailles.  Tu as des haut-le-cœur, tu souhaites hurler, détourner le regard ou encore oublier ton bouquin au fond de ta bibliothèque mais impossible. L’auteur a réussi le pari de livrer une histoire sordide mais qui te prend tellement aux tripes qu’elle en devient passionnante.
Si tu entames ce récit, je te préviens, il faut que ton estomac soit bien accroché…

La pire scène est passée, tu peux enlever la main qui bloque ta vue…

Si tu lis ces deux thrillers, je suis curieux d’avoir ton avis, ton ressenti. Personnellement, je les ai dévorés.
Gardons, cependant, tous à l’esprit que ce sont des histoires fictives.

Bonne lecture…

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