Aahhh, la Calade ! Cette ville d’environ 37 000 habitants (source INSEE 2017), située à 30 Km au Nord de Lyon, sous-préfecture du Rhône, est la porte d’entrée dans le Beaujolais et surtout notre « Paris » à nous. C’est la 1ère étape de ton voyage, car, oui Henri, cette ville t’offre bien plus qu’un accès au Beaujolais. Il y a un vrai patrimoine à découvrir : qu’il soit culturel ou gastronomique, tu en verras de toutes les couleurs ; et tu comprendras, que cette ville jugée comme « dortoir » va te surprendre. On y va ?

L’histoire d’une ville stratégique

Tu vas voir, via quelques informations que la ville ne s’est pas construit toute seule (bah oui comme Rome), mais que son emplacement a été méticuleusement pensé et étudié. Sais-tu que la « calade », a été fondée par Humbert III de Beaujeu, membre des  sires de Beaujeu en 1140 ? Oui oui, encore eux. Cette décision avait 2 buts : d’une part, pour mieux se défendre et s’imposer face aux archevêques comtes de Lyon ; et d’autre part, avoir une meilleure position, (commerciale notamment) que la capitale historique Beaujeu.

La ville a été construite sur le Morgon (qui naît au col du Châtoux, pour se jeter dans la Saône), il faut savoir que les terres ont été prélevées aux paroisses de Limas, Béligny (l’un des quartiers actuels de Villefranche), Ouilly et Gleizé. Cet emplacement  garantissait, certes, un apport régulier en eau, mais la rivière a causé de nombreuses crues (2008 restant l’une des dernières en date).

Afin de peupler la ville, les habitants ont bénéficié d’avantages fiscaux comme le statut d’hommes libres, l’offre de terrain ou encore un impôt unique. Cela a été rendu possible avec la Charte mise en place par les Seigneurs, qui accordaient également des droits politiques. La ville pouvait alors se régir seule. Celle-ci a ensuite été reprise, et signée Guichard IV, le dernier sire de Beaujeu, en 1260.

La ville, grâce aux moyens, s’est développée au fil des années. Elle connaît notamment une évolution au 15ème siècle, avec l’essor du commerce de la toile et la tutelle de Pierre II de Bourbon et Anne de Beaujeu, qui ont permis la finalisation de Notre-Dame des Marais et la déclaration de Villefranche comme capitale du Beaujolais en 1512. La date officielle était en 1532. A cette époque, nombreux bourgeois ont fait construire des demeures agrémentées de cours intérieures. Certaines sont aujourd’hui encore habitées…. (franchement, ça doit être classe non ?).

Après la révolution, les remparts de la ville ont été détruits, ce qui entraîna  un développement considérable de la ville, notamment au niveau de l’industrie métallurgique et  textile. Des figures ont contribué à cette reconnaissance :  Joannès SABOT, inventeur du Bleu de Travail (oui oui c’est chez nous), Victor VERMOREL, inventeur du pulvérisateur à vigne (hé oui encore chez nous) ou encore Léon JACQUEMAIRE et Maurice MIGUET, 2 pharmaciens qui ont ouvert un laboratoire de produits alimentaires fortifiant (hein ?) Oui Blédina tu connais ? Hé ben voilà, c’est Caladois Blédina ! Et toc !

Villefranche est devenue un point de passage important, de par sa location centrale. Cela a été rendu possible car au développement du trafic ferroviaire, notamment entre Paris et Lyon en 1854, ainsi qu’au réseau autoroutier.

Bien entendu, j’ai résumé l’histoire ; Hé bien oui, mon petit, je ne t’ai pas tout dit, encore une fois, le but est une introduction pour que tu viennes te balader « par chez nous nom d’un genou ».

Mais… Calade, Caladois…. Pourquoi ?

AhAh ! Bonne question : les habitants de Villefranche sont appelés les « Caladois » (si tu as pensé « Villefranchois » et « Villefranchoise » : je te somme de prendre des cours de stylisme option vocabulaire….). Il y a deux explications à cela :

–          La première, qui est l’officielle, correspond au nom des dalles qui forment le parvis de Notre-Dame des Marais : ce sont des calades.

–          La 2nde, daterait du Moyen-Âge, ou une calade était une pente sur laquelle les chevaux étaient entraînés à courir. A Villefranche, nous avons ce type de pente : la Rue Nationale

Voilà, fin de la leçon !

Est-ce une ville méconnue ?

Notre belle calade, cache un patrimoine riche et qui n’est malheureusement pas assez apprécié. La municipalité s’est engagée depuis plusieurs années, dans sa mise en valeur et je vais te donner quelques pistes pour que tu puisses découvrir notre capitale :

Tout d’abord,  l’Office de tourisme te propose le « Circuit des trésors cachés » (rrrooo dit dont ça donne envie !!). Cette balade en 24 étapes, te permet de découvrir les différentes cours intérieures et hôtels particuliers de la ville. Ainsi tu vas te familiariser avec notre belle architecture et apprendre tout ce que tu dois connaître sur l’histoire de Villefranche (ce que j’ai tenté de développer plus haut).  Tu peux visiter seul, avec un audioguide, via ton smartphone (mais si, le machin qui bip tout le temps pour t’avertir que tu as 5 sms, 3 mails, 10 notif facebook et 3 sur insta), ou accompagné d’un guide conférencier, car oui c’est cool d’avoir les explications de vive voix !

Ensuite, tu vas visiter le Musée Paul Dini : celui-ci possède également une belle histoire. Il fut créé en 1863, et jouissait à l’époque d’une collection multiple : beaux-arts, œuvres archéologiques, mobiliers etc. Délaissé dans les années 50, puis fermé complètement en 1978, la mairie, en 1980, à la volonté de faire revivre le musée, en mettant en avant l’art contemporain. A la suite d’un long travail, le musée va prendre de l’importance et être reconnu. En 1999, Muguette et Paul Dini, font don d’une partie de leur collection à la ville, ce qui a pour conséquence la renaissance du musée. Celui-ci a plus tard été rebaptisé en l’honneur des donateurs et développé afin de le mettre en valeur.

Après quelques mètres de marche, tu vas rejoindre le Musée des Conscrits… What the f**k ? Je sais, je t’ai promis un article, ouiiiii mais laisse-moi le temps Pierre-Jean ! Pour résumé : la fête des Conscrits a lieu chaque année à Villefranche, le dernier week-end du mois de janvier (quelquefois il neige, et oui nous avons froid..). C’est une véritable tradition, Multi-générationnelle « Conscrit un jour, conscrit toujours », offrant deux impressionnants défilés dans notre belle Rue Nat’. Je ne t’en dis pas plus, tu découvriras plus de détails prochainement. Néanmoins le musée des Conscrits, retrace toute l’histoire de la fête, des fondements jusqu’à nos jours. Dans les villages du beaujolais, nous fêtons aussi les conscrits, mais l’organisation est différente de celle de Villefranche.

Bien entendu, tu dois obligatoirement prendre le temps pour admirer et visiter Notre-Dame des Marais… La collégiale, domine la ville avec sa flèche culminant à 72 mètres de haut. Située en plein centre-ville, c’est un symbole fort de la calade mais également un monument magnifique. Si tu aimes les légendes, celle-ci devra te plaire : On raconte que des bergers auraient découvert une statuette de Marie,  dans les marais entourant Villefranche. Celle-ci fût transportée dans la chapelle de la Madeleine, qui, à l’époque, était la seule église de Villefranche. La statuette aurait été retrouvée le lendemain à nouveau au milieu des marais… Les habitants ont donc pris la décision de construire une nouvelle église, et de la baptiser en l’honneur de cette histoire ….

Si tu aimes les pique-niques, je t’invite à te balader au célèbre Marché couvert: Tu trouveras (« mes blessures et mes faiblesses » euh no way) des produits locaux : charcuterie, légumes, fruits, fromage, boulangerie, pâtisserie etc. ;  une ambiance conviviale, et tu pourras même boire un verre de blanc, à l’étage du marché. Nous nous croiserons peut-être (le dimanche idéalement, avec un verre de blanc et les restes de la veille sous les yeux). Ensuite, tu vas en bord de Saône, profiter du soleil, ou de l’ombre des arbres, pour déjeuner avec tes amis ou ta famille, ou les deux….

Tu veux en savoir plus… ?

Bah vient ! On est déjà à l’apéro nous, on t’attend Armand !

Tu verras que Villefranche, est une ville agréable, qu’il faut prendre le temps de découvrir. La municipalité fait tout ce qu’elle peut pour mettre en valeur notre belle calade. Les commerçants sont dynamiques, je peux même te conseiller des restos, terrasses ou bars agréables, tenues par des gens charmants qui auront cœur de te parler de notre capitale beaujolaise…
Alors viens, tu ne seras pas déçu. Nous sommes toujours à l’apéro, mais tu as de la chance, car nous avons  toujours un quart d’heure devant nous : Le quart d’heure beaujolais….

The facade of the church of Notre-Dame des Marais in Villefranche-sur-Saone, Beaujolais, Rhone department, France
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